Le monde de la gastronomie n’est pas seulement composé de restaurants classiques et de menus dégustation. Heureusement d’ailleurs, car trop souvent, les restaurants sont dépourvus de vie. 

Je me souviens bien d’une fois, je suis allée au restaurant avec mon père. C’était très (voire: trop) calme. Après avoir été assis pendant quelques minutes en silence, tout en regardant autour de nous, il m’avait dit : “C’est comme un resto sur la lune,” ”De quoi ?” avais-je demandé, amusée mais confuse. ”Il n’y a pas d’atmosphère,”
”What?” I asked, in a sound that came out half-amused-half-confused.
”There’s no atmosphere,” 

Ouais - une vraie blague de boomer, quoi.

C’est sûr et certain que ce problème ne sera pas observé dans Supper Club, dont l’histoire est enracinée dans les “speakeasy” (bar clandestin) de l’ère de la prohibition aux États-Unis. Des dîners clandestins non-liquides peuvent très bien avoir existé à ce point, aussi, mais leur première édition connue était pendant les années 1930 à Londres. 

Malgré sa longue histoire, il y a que quelques endroits qui sont bien ‘connus’ dans le monde pour la densité de restaurants clandestins; par exemple, Le Cap en Afrique du Sud et les Pays Bas. Mais pourtant - être connu, ce n’est pas vraiment le but, non ? 

En substance, les ‘Supper Clubs’ sont des établissements de restauration clandestins, qui ne tombent ni dans la catégorie de ‘restaurant’, ni dans celle de ‘dîner privé’, mais quelque part perdus au milieu. Comme avec des restaurants traditionnels, il faut que les clients réservent leur table, qu’ils arrivent, et qu’ils paient leur addition à la fin du repas. Néanmoins, c’est ce qui se passe entre temps, c’est ce qui fait toute la différence.

Il y a beaucoup des raisons différentes pour participer à un ‘Supper Club’. Souvent, les gens y vont pour avoir l’opportunité d’essayer de nouveaux types de cuisine auxquels ils n’ont peut-être pas accès dans les restaurants traditionnels - pour des raisons pratiques ou financières. Bien que la nourriture reste une partie de l’expérience clairement importante, pour nous le plus excitant était la possibilité de partager des histoires avec de parfaits étrangers et le partage de l’espace d’une façon dont les repas dans des restaurants ‘normaux’ ne permettent pas. 

Le Supper Club de Venise, nommé Sugar Streetest né comme projet commun entre l’écrivaine Lisa Hilton et la Chef privé Anna Gilchrest, avec le but de donner à nouveau une vie à l’histoire de la Serenissima, à travers la nourriture. Le résultat est une explosion des sens : vous êtes invités, pas seulement à goûter le menu soigneusement préparé, mais aussi à connaitre de nouveaux visages, écouter de nouvelles histoires, échanger des poignées de main, et à respirer les doux arômes de leur joli jardin. 

Le dernier Supper Club auquel nous avons assisté était axé autour du thème du couvent vénitien. Sur chaque table, en plus du menu écrit à la main, il y avait aussi une page imprimée recto-verso pleine d’informations sur le sujet - méticuleusement recherché et converti en prose. Chaque plat du menu se situe dans ce contexte historique - par exemple, le primo de “Saint-Jacques volées” — une réflexion sur les retours des pêcheurs moins abondant que prévu après avoir fait appel aux couvents; ou le secondo  plutôt osé d’un “involtino d’inquisiteur” - roulades de veau farcies aux abricots

Il y a une beauté raffinée dans le mariage de la nourriture et de l’histoire au Sugar Street Supper Club. C’est une expérience que, depuis notre première visite, nous sommes impatients de revivre.

Si vous habitez dans une ville peuplée, c’est très probable qu’il y ait un Supper Club caché quelque part. Mentions notables dans le monde : Ma’ Hidden Supper Club à Milan, Secret Supper Club by Homespun au Cap, einsteinLyon à Lyon, Sunday Dinner Club à Chicago, et le Sunday Night Dinner à New York.